Culture

Tel-Aviv, la ville juive

Mardi 30 juillet 2019 par Gérard Rabinovitch - Jewpop

Il y a le survol grondant des avions surgissant à intervalles réguliers de l’horizon ouest. Plongeant, à la perpendiculaire des plages, vers les pistes de Lod. Il y a les battements des pales des couples d’hélicoptères de l’armée brassant l’air humide. Remontant ou descendant le littoral, en veille sécuritaire.

Boulevard Rothschild - Tel-Aviv - Années 1930

Il y a ce bord de mer de Riviera standard : paysage hérissé des bâtiments quelconques d’hôtels. Il y a au Sud, sur le promontoire de Jaffa, l’église St Peter en découpe, et les palmiers qui époussètent le ciel. Au Nord, la Reading Power Station, pointant sa cheminée scintillante, la nuit, de guirlandes de signalisation. Il y a la taïelet, piste de joggers, parcours d’amoureux, promenade des familles, contemplative en soirée des embrasements du soleil couchant, ouvrant un nouveau jour. Il y a les jolies russes qui indiquent la route retrouvée de la coquetterie et du maquillage, aux jeunesses ascétiques des kibboutzim. Il y a les femmes arabes qui s’immergent toutes vêtues près du Charles Clore garden, mêlées aux jeunes filles qui s’ébrouent, si peu couvertes, dans les vagues roulantes. Il y a les kiosques -buvettes bavards et les terrasses de parasols, accortes. Les odeurs de crème solaire et les rythmes diffusés de la pop internationale et de la house israélienne. Les joueurs de tac-tac et les fumeurs de narguilés. Les enfants sautillants et les hommes devisant. Les touristes bruyants et les retraités silencieux.

Derrière, il y a la ville

Ses longues artères passantes, Allenby, Ibn Gvirol, en thrombose d’automobiles et de bus, et ses rues résidentielles, dévolues aux oiseaux et aux chats. Ses petites échoppes sombres et ses grands « Canyon » illuminés. Montefiore qui s’enlise dans les bordels et les jeux clandestins et Florentin qui se réveille. Neveh Tsedek qui se rhabille « bobo », et rehov Gordon qui s’installe luxueuse. Sheinkin qui rejoue Carnaby street et Dizengoff qui pose à l’immémoriale. L’insipide breuvage « bots » qui disparaît avec les tables de formica. Et le nectar de l’expresso italien qui s’impose aux guéridons d’aluminium qui les remplacent.

Il y a la fébrilité continue de la semaine, et le calme des heures du shabbat. Les pavements brûlants et les frondaisons apaisantes. Les ombres tranchantes qui dessinent la chaleur du jour, et les lumières nocturnes qui repoussent le manteau de la nuit. Et puis, pour le flâneur impénitent, il y a l’Esprit de Tel Aviv. La « Ville Blanche » dans le regard énamouré du poète Nathan Alterman. Son charme indéfinissable, son « aura » mystérieuse. Sa vérité impalpable qui préside à la tranquillité vivante qui rayonne, à l’agitation sereine qui envahie. Sa neshamah.

Ses longues artères passantes, Allenby, Ibn Gvirol, en thrombose d’automobiles et de bus, et ses rues résidentielles, dévolues aux oiseaux et aux chats. Ses petites échoppes sombres et ses grands « Canyon » illuminés. Montefiore qui s’enlise dans les bordels et les jeux clandestins et Florentin qui se réveille. Neveh Tsedek qui se rhabille « bobo », et rehov Gordon qui s’installe luxueuse. Sheinkin qui rejoue Carnaby street et Dizengoff qui pose à l’immémoriale. L’insipide breuvage « bots » qui disparaît avec les tables de formica. Et le nectar de l’expresso italien qui s’impose aux guéridons d’aluminium qui les remplacent.

Il y a la fébrilité continue de la semaine, et le calme des heures du shabbat. Les pavements brûlants et les frondaisons apaisantes. Les ombres tranchantes qui dessinent la chaleur du jour, et les lumières nocturnes qui repoussent le manteau de la nuit. Et puis, pour le flâneur impénitent, il y a l’Esprit de Tel Aviv. La « Ville Blanche » dans le regard énamouré du poète Nathan Alterman. Son charme indéfinissable, son « aura » mystérieuse. Sa vérité impalpable qui préside à la tranquillité vivante qui rayonne, à l’agitation sereine qui envahie. Sa neshamah.

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