Flash-back

Le massacre des Jeux olympiques de Munich (5 septembre 1972)

Mardi 4 septembre 2018 par Tarbout
Publié dans Regards n°1028

A l’aube du 5 septembre 1972, le commando « Septembre noir » de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) pénètre dans le village olympique de Munich et prend en otage neuf athlètes israéliens. Après avoir tué un athlète et un entraîneur israéliens, les terroristes exigent qu’Israël libère 234 prisonniers palestiniens en échange des otages. 

 

Les négociations avec les autorités allemandes aboutissent à la mise à disposition d’un avion devant conduire les ravisseurs et leurs otages en Egypte. Mais sur le tarmac de l’aéroport de Fürstenfeldbruck, l’opération de sauvetage organisée par les services de sécurité allemands se solde par un bain de sang. Tous les sportifs israéliens sont tués. Les archives confirmeront l’énorme fiasco des autorités ouest-allemandes : l'absence de tireurs d’élite, des véhicules blindés arrivés en retard pour sauver les otages, des policiers sans torches électriques pour suivre les mouvements du commando dans la nuit… Ces archives montrent aussi que les autorités allemandes ont refusé de renforcer la sécurité du village olympique suite aux différentes mises en garde de la police criminelle munichoise concernant les risques d’actes terroristes durant les Jeux olympiques.

Après une journée de deuil, le président du Comité international olympique, l’Américain Avery Brundage, décide que les jeux reprennent leur cours le 7 septembre. « The Games must go on », insiste lourdement Bundage. Devant cette décision controversée, insoutenable pour Golda Meïr (Premier ministre d’Israël), celle-ci confiera à des amis « l’horreur de voir des Juifs se faire encore bander les yeux et massacrer sur le sol allemand pendant que le reste du monde joue au volleyball ».

Alors qu’elle avait toujours refusé d’engager le Mossad dans la lutte anti-terroriste, Golda Meïr déclenche l’opération « colère de Dieu » et confie à Zvi Zamir, directeur général du Mossad, la mission d’éliminer les 14 terroristes identifiés dans la « liste Golda » en tant que membres du groupe « Septembre noir » ou dirigeants de l’OLP. Cette mission, qui aura duré vingt ans, sera popularisée 34 ans plus tard par le film Munich de Steven Spielberg.

Si de nombreuses voix ont critiqué la soif de vengeance des Israéliens en procédant à des exécutions en dehors de tout cadre juridique, il convient toutefois de garder à l’esprit la démission volontaire des autorités allemandes face aux terroristes. Les archives ont ainsi révélé que le gouvernement allemand s’était volontairement abstenu de poursuivre les cerveaux et les commanditaires de l’attentat et avait refusé de traduire les responsables devant la justice allemande afin d’éviter de nouveaux attentats sur son sol ou contre les intérêts 
allemands. Alors que précisément le chancelier Willy Brandt avait solennellement informé les Israéliens qu’il « ne plierait pas face au terrorisme ». 


 
 

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  • Par BOAZ - 5/09/2018 - 14:31

    Peut-on me rappeler ce qu' écrivait le journaliste de Rouge Joseph Krasny à propos de cet attentat ? Et de qui Joseph Krasny est le pseudo ? Comme ça, juste pour voir..

  • Par ezekiel - 5/09/2018 - 21:11

    Il s'agit de Edwy Plenel qui a écrit :

    « L'action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l'amiable que les réactionnaires arabes s'apprêtaient à conclure avec Israël (...) Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation (...) A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l'assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d'aller au carnage ».