Islamisme

Le Collectif contre l'islamophobie en Belgique, un cénacle infréquentable

Vendredi 28 septembre 2018

Le CCLJ a refusé l’invitation faite par Mustapha Chairi, président du Collectif contre l’islamophobie en Belgique (CCIB), de rencontrer son président. Pour le CCLJ, l’action du CCIB depuis des années s’oppose aux valeurs de liberté d’expression, de libre débat, d’antiracisme et de lutte contre l’antisémitisme qui fondent sa propre action. Ci-dessous, la réponse du CCLJ au président du CCIB.

 

Monsieur Mustapha Chairi,

Nous accusons bonne réception de votre courrier. Pour la clarté de la suite, précisons d’emblée quelques valeurs qui guident l’action du CCLJ. Le libre débat, la libre critique des convictions, de toutes les convictions, y compris les convictions religieuses, la liberté de la presse, la dénonciation du racisme et de l’antisémitisme constituent à nos yeux des fondements non négociables de notre démocratie.

Vous proposez de rencontrer le président du CCLJ « en tête à tête autour d'un repas à partager, pour échanger sur nos préoccupations respectives, notre vision de la contribution à la société ainsi que nos défis en matière de promotion des droits de l'homme ». Mais vos actes depuis des années et ceux du CCIB contredisent avec constance vos professions de foi démocratiques, humanistes et antiracistes.

En 2017 vous avez personnellement dirigé la destruction, comme représentant du CCIB, de la Plateforme de lutte contre le racisme. La ministre Fadila Laanan avait installé cette Plateforme en 2012 pour contrer les graves dérives communautaristes et gestionnaires du MRAX, dérives consécutives à la prise de contrôle de cette association en 2007 par une coalition à laquelle participait, entre autres, Mme Farida Tahar, actuelle administratrice du CCIB.

Toujours en 2017, les administrateurs du CCIB M. Benoît Mouraux et Mme Tahar ont, avec leurs alliés, fait échouer les tentatives d’ouverture du MRAX entreprises à l’époque. Dès l’élection du représentant du CCLJ au CA du MRAX en 2016 Mme Tahar avait annoncé la couleur en affirmant qu’entre elle et lui n’existait « rien de commun ».

En 2015, le CCIB et son vice président M. Hajib El Hajjaji ont attrait Mme Marie-Cécile Royen et son journal Le Vif-L’Express devant le Conseil de déontologie journalistique (CDJ) pour un dossier consacré aux Frères musulmans en Belgique. En 2017, le CCIB et le MRAX menacent le quotidien L’Echo d’un signalement auprès d’UNIA et du CDJ pour son traitement du fait islamique. En 2018, M. El Hajjaji récidive contre Mme Royen et son journal pour deux articles relatifs à Ecolo Verviers dont M. El Hajjaji est militant et candidat aux élections communales d’octobre 2018. Nous trouvons scandaleux de voir porter atteinte à la réputation de cette journaliste et de ces médias devant des instances juridictionnelles au lieu de répondre à leurs arguments par le débat public.

Vu ce qui précède, vous comprendrez qu’il nous est impossible d’accéder à votre demande. Nous vous prions de recevoir, Monsieur Mustapha Chairi, l’expression de notre parfaite considération.

Le conseil d’administration du Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind (CCLJ).

Analyse 

Cette invitation du président du CCIB a celui du CCLJ intervient moins d’une semaine après que le CCIB ait tenté, sans succès, d’organiser sa conférence de presse de rentrée dans les locaux du Musée juif. Il est bien possible que d’autres organisations juives se voient démarchées de manière analogue. On ne peut que les mettre en garde. Etablir des liens avec l’associatif juif constitue pour ce cénacle islamiste un moyen de s’offrir un sésame vers la respectabilité.

Par ailleurs, Mustapha Chairi, président du CCIB et Hajib El Hajjaji, vice président, étaient des familiers de Mohamed El Hajjaji (oncle de Hajib), décédé cet été, président de la fondation Aksahum Belgium, ex fondation Al-Aqsa. Depuis des années celle-ci lève des fonds en faveur des œuvres sociales du Hamas, raison pour laquelle les autorités allemandes et néerlandaises ont fermé ses branches nationales actives dans ces pays. Le Hamas figure en effet sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Malgré les sempiternelles dénégations de ses activistes et sympathisants, le Collectif contre l’islamophobie en Belgique appartient bel et bien à la mouvance des Frères musulmans.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par jacques corbul - 28/09/2018 - 17:59

    Monsieur

    Je regrette l attitude de refus du cclj de rencontrer celui qui vous a adresse cette invitation

    Je n y vois qu une seule raison a savoir la peur de faire face a un interlocuteur peut etre plus competent que me president du cclj

  • Par PIROTTE Raymonde - 29/09/2018 - 23:47

    Merci de nous rappeler tous ces détails je suis désespérée...

  • Par Willy Wolsztajn - 2/10/2018 - 8:04

    @ Jacques Corbul. Bonjour Monsieur. L’analyse qui suit n’engage que moi-même. Nous ne discutons pas non plus avec l’extrême droite ni ne rencontrons ses militants. Non par peur mais pour la même raison qu’il n’y a pas lieu de débattre avec le militantisme islamiste. Quoique très différents, extrême droite et islamisme ou islam politique constituent de puissants toxiques pour la démocratie. Du reste, bien qu’ils se haïssent réciproquement, ils se renforcent l’un l’autre. Ce sont des alliés objectifs, à combattre l’un comme l’autre avec la même énergie.

  • Par Kalisz - 3/10/2018 - 9:49

    Le CCLJ a pleinement raison. Merci pour cette position ferme et cette mise en garde.

  • Par Hélène B. - 3/10/2018 - 15:15

    Il est toujours regrettable de refuser un dialogue et une main tendue.

    Les justifications avancées semblent légères, un peu comme si quelqu'un refusait de rencontrer le CCLJ parce qu'il serait proche de l'ambassade d'Israël...

    Tout ça semble bien mesquin...

  • Par Pierre Motyl - 3/10/2018 - 22:42

    J'ai rencontré Mustapha Chairi, il y a de cela une dizaine d'années, dans une vie professionnelle précédente, tant de son côté que du mien.
    Il était unanimement apprécié par ces collègues et par sa hiérarchie.
    Je lui ai parlé de ma trajectoire (en ce compris Israël et Tsahal) et lui de ses convictions et engagements. De nos conversations, j'ai gardé pour lui estime et sympathie.
    Il me semble qu'il est ET croyant ET prosélyte ET non violent ET respectueux (et écolo) , même si sa foi lui donne des convictions qui ne sont en rien les miennes.
    Je regrette vivement que sa proposition d'une rencontre privée en tête-à-tête ai entraîné de la part des autorités du CCLJ une réponse idéologiquement raide fondée sur des suspicions de culpabilité par association.
    Et même si tout cela était fondé, qu'y avait-il à perdre à le lui dire en privé, en face-à-face ?

    Faites-mieux la prochaine fois, bon sang !

  • Par ezekiel - 4/10/2018 - 8:50

    Hélène,

    J'ai failli m'étrangler en vous lisant.
    Ecrire que le CCLJ est proche de l'ambassade d'Israël est un comble alors que ce centre ne fait que critiquer les décisions du gouvernement légitimement élu de ce pays.

    Pierre,

    Je ne peux que donner raison à Jacques Corbul et je pense aussi que c'est la faiblesse du président du CCLJ qui a poussé à refuser cette rencontre car il n'aurait pas été en mesure de répondre à un interlocuteur plus compétent que lui (sic)

    E.M.