Cinéma

Welcome to the Jewish International Festival Film 2018

Mardi 4 septembre 2018 par Florence Lopes Cardozo
Publié dans Regards n°1028

On l’attend, elle se profile, la voilà : la 19e édition du BJIFF, le festival d’IMAJ, nous tend les bras avec une sélection de films estampillée cette année « Spécial 70 ans d’Israël » : longs métrages, documentaires et belles rencontres participeront à la fête.

 

Alors bien sûr, cette programmation n’est pas exhaustive, bien sûr elle n’a pas la prétention de retracer sept décennies de cinéma israélien ni de brosser l’éventail de ses productions, mais telle une pipette ingénieuse, elle nous a prélevé quelques œuvres actuelles, échantillons contrastés de cette société mosaïque, complexe, unique.

Traveling sur le prochain BJIFF : Norman de Joseph Cedar, avec Richard Gere, Lior Ashkenazi, Steve Buscemi et Charlotte Gainsbourg, se révèle être une critique de la corruption en politique. Le film met l’accent, de façon très détournée, sur le corrupteur, mais ne permet de pointer ni le bon ni le mauvais : personne n’est ni tout blanc, ni tout noir. Comment dès lors se positionner ? Ce sera l’occasion, d’une certaine façon, de découvrir 50 autres nuances de gris.

Virgins, de Keren Ben Rafael -traduit ainsi alors que le titre original en hébreu signifie « sirènes »- s’inscrit dans la mouvance de Méduses de Shira Geffen. Ecrit par deux cinéastes franco-israéliennes -Keren Ben Rafael et Elise Benroubi-, Virgins cible la petite ville de Kyriat Yam, dans le sud de Haïfa, où rien ne se passe. Une vision d’une jeune fille, relayée par un journaliste et récupérée par le maire de la ville, crée l’évènement : la sinistre station balnéaire connaîtra-t-elle son heure de gloire ? Les réalisatrices convoquent ici une vague d’espoir et d’illusion avant le désenchantement.

The Cakemaker, de Ofir Raul Graizer, avec Sarah Adler, signe, à travers une histoire d’amour entre un Israélien juif et un Allemand non juif, la normalisation des relations germano-israéliennes : il s’agit par ailleurs d’une coproduction avec l’Allemagne. Cette histoire clandestine traite d’attirance, d’amour « non casher » dans tous les sens du terme : il sera question de perte, de deuil, de silence, de trahison, de douleur, de rejet, de rapprochement, de réparation, d’affection et de douceur dans ce film sucré. Vous verrez, il y a à boire et à manger.

Quant à Land of the Little People, de Yaniv Berman, qu’on se le dise : il est d’une extrême violence. Entre des mères démissionnaires et des pères absents, quatre enfants de 10-13 ans à peine s’en prennent à deux déserteurs. Maîtres sur leur terrain « de jeu » sans que personne ne le sache, ces enfants-rois se révèlent être des tyrans. Si la cruauté n’est pas la finalité du film, elle véhicule explicitement son propos. Aux inconditionnels d’Orange Mécanique (1971), sachez que la relève est assurée.

Côté documentaire, Nurith Aviv, la réalisatrice d’Une langue à l’autre ou de Langue sacrée, langue parlée, nous mène, à travers son film Signer, à la rencontre des langues des signes en Israël. On y découvre que ce langage, à l’usage des sourds et malentendants, n’est pas universel, mais bien pluriel, rien qu’en Israël ! Nurith Aviv et la philosophe Mylène Baum-Botbol dialogueront avec le public à l’issue de la projection.

Dernier tour de piste avec le documentaire Mr Gaga de Tomer Heymann qui consacre une ode filmée au célèbre chorégraphe israélien Ohad Naharin. L’œil de la caméra suit les pas du danseur à la forte personnalité, de son itinéraire personnel au rayonnement international de sa troupe Batsheva Dance Company. Rendez-vous donc dans les coulisses du spectacle, où s’imbriquent et s’alternent création, répétitions, partage ou encore expression sans compromissions. La danseuse israélienne Ya’ara Dolev, qui a fait partie de la compagnie d’Ohad Naharin, échangera avec les spectateurs autour de cette aventure passionnante.

Voilà, à quelques surprises près -des invités pressentis aux films additionnels- les thèmes et les images qui nourriront cette édition consacrée au cinéma israélien. Ce cinéma vibrant -qui traite de diversité, de difficultés, d’ouverture, de violences ou encore d’excellence, soit de la société- semble arbitrairement catalogué de gênant au sein de lieux culturels non juifs à Bruxelles. Cet accueil plus que réservé à la thématique d’Israël a contraint IMAJ à organiser un festival itinérant. Qu’à cela ne tienne, l’ouverture et le 7e art israélien seront au rendez-vous !

Le 19e BJIFF se tiendra du mercredi 3 au dimanche 7 octobre 2018 aux cinémas Aventure (mer.-je.), Galeries (ve.-sa.) et Espace Senghor (di.), à Bruxelles
Informations et réservation  www.imaj.be
page Facebook  IMAJBruxelles

 
 

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