Nouvelle génération

Davita Perelsztejn "Mark Zuckerberg aussi a commencé dans son salon!"

Mardi 2 juillet 2019 par Géraldine Kamps
Publié dans Regards n°1047

Davita Perelsztejn termine cette année l’université, mais semble déjà bien lancée dans le monde professionnel. Avec son site « Cloth’in », elle espère changer les mentalités, convaincue qu’il ne faut pas forcément avoir un capital pour démarrer son activité. Qui ne tente rien…

 

A 24 ans, Davita Perelsztejn semble avoir déjà les idées bien en place et un parcours universitaire très prometteur. Avant même d’obtenir son diplôme, elle se retrouvait sollicitée par des employeurs. Mais la jeune femme poursuit d’autres ambitions.

Née à Bruxelles, au sein d’une famille juive non pratiquante en dehors des fêtes, prétextes aux réunions familiales, Davita Perelsztejn, milieu d’une fratrie de trois, fréquente l’école Messidor en primaires, avant l’Athénée Catteau pour les secondaires. Un choix de ses parents qui ont opté pour un environnement ouvert, même si Davita préférera finalement rejoindre ses amis du mouvement de jeunesse à Ganenou pour ses trois dernières années. « J’aimais l’ambiance juive de Ganenou, c’était pour moi la prolongation de la JJL », explique-t-elle. « Je retrouvais les mêmes personnes et nous poursuivions nos discussions du samedi, on y parlait des grands événements, du Lag Baomer, entre autres… ». Sa rhéto sera aussi l’opportunité de participer au voyage en Pologne et en Israël, une expérience qu’elle n’aurait pas vécue dans l’enseignement traditionnel.

En attendant d’être plus inspirée quant à son avenir, Davita s’inscrit au programme Massa en Israël pour une année d’études préparatoires en business et finances. De retour à Bruxelles, elle commence un bachelier commercial à l’ICHEC, qu’elle fait suivre d’un Master « tri-diplôme » qui lui assure des cours à l’ICHEC, à l’ULB et à l’UCL, avec la possibilité de participer à deux Erasmus, à Barcelone et Buenos Aires ! Une formation lors de laquelle elle effectuera aussi un stage à Tel-Aviv, où elle découvrira le monde des start-up…

La jeune fille plutôt timide et réservée a pris de l’assurance depuis ses débuts à la JJL. « J’ai pris mon rôle de madriha très à cœur en m’investissant beaucoup dans le mouvement, et cela m’a donné confiance en moi, puisqu’on m’a proposé ensuite d’en devenir la rosh ken », retient Davita, qui restera encore bogeret plusieurs années. La création au sein de l’ICHEC d’un incubateur de start-up contribuera également à lui faire croire en elle. « Dans le cadre de mon option Entrepreneuriat et création d’entreprises, j’ai été sélectionnée sur lettre de motivation pour pouvoir bénéficier d’une formation supplémentaire me donnant toutes les clés pour créer mon entreprise », souligne-t-elle. Avec un coaching mensuel personnalisé et un espace de coworking mis à disposition des étudiants-entrepreneurs pour partager leurs nouvelles compétences et gagner en crédibilité, ses idées se concrétisent.

Impact sociétal

Alors qu’elle se dirige vers la création d’un site en lien avec sa passion de toujours, le tennis -Davita a été classée première de Belgique à l’âge de 10 ans-, son Erasmus en Argentine lui fait prendre conscience de l’impact sociétal que peut avoir un projet. « La pollution est ressentie de façon beaucoup plus forte à Buenos Aires, où l’on voit des ciels gris et les gens qui toussent », confie-t-elle. « Les prix des vêtements particulièrement élevés m’ont donné l’idée de développer un commerce de vêtements de seconde main, avec l’objectif de payer moins bien sûr, mais aussi de limiter l’impact polluant de l’industrie textile ». Le projet « Cloth’in » voit le jour. A la différence d’une plateforme, il se veut un intermédiaire entre le vendeur et le client. « J’achète ou je reçois des vêtements des particuliers et je les revends en m’occupant de tout : remise en état, lavage, repassage, photo et livraison, avec une garantie de fiabilité et un paiement sécurisé, en sachant que le prix de vente ne dépassera jamais 50% de la valeur initiale », insiste Davita qui démarre avec 25 articles sur son site, vêtements et accessoires de marque ciblant les femmes de 18 à 40 ans. Avec la particularité que sur chaque article vendu, 1€ est reversé à une association luttant contre les ravages de l’industrie textile. « Mes clients font un geste à la fois écologique, puisqu’ils n’achètent pas du neuf ; éthique, en n’encourageant pas la production de nouveaux vêtements ; et solidaire, en participant concrètement à d’autres projets ayant un impact social », résume Davita, qui encourage ses amis à lui proposer d'autres associations qui bénéficieront de son action.

La jeune entrepreneuse reconnaît en souriant que le salon familial s’est transformé en dépôt-vente depuis quelques semaines. Une situation qui ne la décourage pas, au contraire. « Regardez Mark Zuckerberg ! Tous les grands entrepreneurs vous raconteront qu’ils ont commencé comme ça. Il ne faut pas avoir de l’argent pour faire de l’argent. Il y a moyen de trouver des solutions à moindres frais. J’ai fait mon site moi-même et je fais des jobs étudiants pour pouvoir régler mes premières factures ». Attendez-vous à une prochaine invitation after work, Davita Perelsztejn n’a pas encore dévoilé toutes ses cartes.

Infos clothin.be


 
 

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  • Par Judith Debroux - 10/07/2019 - 21:21

    Courage